Les parents de Céline Récolet connaîtront-ils enfin les circonstances exactes du drame qui s'est noué le 6 mai 2009, date à laquelle le corps de leur fille unique a été retrouvé dans un ruisseau à Angres ? Rien n'est moins sûr. Car si Frédéric Lagneau, l'ex-petit ami de la victime, plaide coupable, il continue de se retrancher derrière ses contradictions. Car depuis son interpellation, le jeune homme de 29 ans n'a eu de cesse de multiplier les versions des faits. « Au moins douze », selon les calculs de l'avocat général.
Niant d'abord toute implication dans ce crime, le mis en cause pour homicide volontaire avait ensuite évoqué une chute accidentelle de Céline dans la rivière, puis déclaré l'avoir étranglée avec l'écharpe qu'elle portait ainsi qu'avec ses mains suite aux menaces de dépôt de plainte formulées par cette dernière. Pourtant, il dément toujours l'avoir mise dans l'eau bien que le rapport d'autopsie indique clairement que « la cause du décès est la noyade ».
Tout comme il réfute avoir menacé l'adolescente avec un couteau, pourtant retrouvé à moitié ouvert aux pieds de celle-ci. Et affirme l'avoir emmenée dans un endroit, certes reculé, mais où ils « avaient l'habitude de pique-niquer », ce que mettent en doute les amis de Céline.
Seule preuve tangible ayant permis de confondre le prévenu - le sac de la lycéenne et son écharpe n'ayant jamais été retrouvés après qu'il s'en fut débarrassé - : les bornes téléphoniques activées par sa ligne mobile. Elles indiquent qu'il se trouvait à proximité de Liévin et Angres à l'heure du meurtre et qu'il a passé la nuit du 5 au 6 mai près du domicile de la victime.
L'enquête de personnalité de Frédéric Lagneau, qui a grandi dans un contexte familial très complexe, le décrit comme « menteur, infidèle, très possessif, rusé, manipulateur, impulsif et violent ». Traits de caractère dans lesquels le principal concerné se reconnaît à l'exception du dernier.
« Je la surveillais beaucoup mais je n'ai jamais été violent. » Une surveillance qui relevait du harcèlement, également subi par ses précédentes compagnes, mais qui était devenu obsessionnel et menaçant envers Céline. Il lui a, en effet, envoyé 1 515 SMS entre le 20 avril et le 7 mai 2009, période durant laquelle elle a essayé plusieurs fois de rompre avec lui.
Un alibi bien construit Pourtant, le 7 mai, Céline était déjà morte... Le dossier révèle que le jeune homme a, malgré tout, continué à écrire des textos à sa victime, tout comme il a laissé des messages évoquant son inquiétude quant à la disparition de Céline sur le répondeur des parents de cette dernière. Mais ce n'est pas tout. Juste après le meurtre, il s'est construit un « alibi méthodique », contactant une foule de personnes qu'il fréquentait peu. Un point souligné par l'avocat général, sceptique quant à la thèse du crime passionnel. « Je n'arrivais pas à mesurer mon acte. Pour moi, je l'aimais trop pour avoir pu lui faire du mal », tente de justifier le prévenu avant de concéder avoir « eu peur » d'être inquiété par la police. Tête baissée durant la majeure partie de l'audience, il demande pardon aux Récolet. Très éprouvés, ces derniers ne peuvent l'entendre. « Depuis cet acte irréparable, nous ne sommes plus des parents mais des êtres humains qui tentent de survivre
http://www.nordeclair.fr/Actualite/2011/12/16/mort-de-celine-a-angres-meurtre-ou-assas.shtml
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