Un couple brésilien a été interpellé avant-hier à Brest. Installé depuis septembre en ville, il aurait tiré profit de la prostitution de trois filles, dont la femme du couple, et dégagé un bénéfice énorme.
Stupéfaite, la brigade des stupéfiants de Brest! En cette mi-octobre, à la faveur d'une information, les enquêteurs sont convaincus de se rendre sur un énième trafic de drogue dans le quartier de Keruscun, à proximité du centre-ville. Devant un appartement, les allées et venues sont incessantes. Mais le public ne colle pas: ici, que des hommes, tous âges et catégories socioprofessionnelles confondus, venant parfois de l'autre bout du département. Rapidement, les enquêteurs s'aperçoivent qu'à la place du cannabis attendu, ce sont des passes qui se négocient dans le logement loué par un couple de Brésiliens âgés de 23 et 25 ans, arrivé à Brest début septembre. Rapidement, une autre fille âgée de30 ans, elle aussi «auriverde», est identifiée par les policiers en planque.
Des annonces sur internet
Durant l'automne, l'enquête va progresser lorsque, par inadvertance, les locataires jettent un ordinateur portable à la poubelle. L'examen de son disque dur montre que des annonces sont publiées sur un site internet. Des «massages» tarifés sont proposés par des Brésiliennes de «passage dans votre ville». Début décembre, une troisième fille en provenance du Brésil arrive à Brest et un second logement est alors loué, rue de Verdun, dans le quartier de Saint-Marc. Le couple interpellé lui aurait payé son voyage, contre remboursement par le commerce de son corps. Elle leur devait1.700€. À la prostitution, pouvant être légale, se substitue l'odeur interdite du proxénétisme.
42.000€ de bénéfices
Mardi, le couple est interpellé dans le logement de la rue de Verdun. Un client vient de sortir, un autre s'apprête. Lors du flagrant délit, les policiers retrouvent quantité d'éléments. Plusieurs papiers d'identité portugais et brésiliens portant de faux noms, ainsi que des contrats de travail, afin de pouvoir ouvrir plusieurs comptes en banque ont aussi été saisis. Onze téléphones portables figurent également à l'inventaire: à leur dos, les noms correspondants aux pseudonymes utilisés sur internet. Ils n'arrêteront pas de carillonner une fois entreposés au commissariat. Et puis il y a l'argent. Beaucoup d'argent. Si seulement1.400€ sont saisis, les policiers découvrent une multitude de mandats cash expédiés vers le Brésil. Au total, les passes, facturées 100€ la demi-heure et 200€ l'heure, auraient généré 42.000€ de bénéfices en quatre mois.
Beaucoup de clients
Une fille dite «Annie» (chaque prostituée disposait de trois pseudonymes) a ainsi effectué 108 passes en deux semaines. Ce commerce lucratif a permis aux deux personnes qui seront déférées aujourd'hui devant le procureur, les deux seules suspectées de proxénétisme, de mener grand train durant l'automne, entre Paris et Ibiza, avec grosses limousines et parfums luxueux. Il faut dire qu'en à peine quatre mois d'activité, ces dames brésiliennes ont reçu environ470messieurs à leur domicile.
http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/proxenetisme-un-couple-bresilien-arrete-a-brest-05-01-2012-1555322.php
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